Il arrive très régulièrement que nous soyons interrogés chez Detections.net sur les appareils destinés à la détection à grande profondeur : détecteurs de métaux, appareils à usage professionnel comme les « radars de sols » mais aussi les appareils pour la détection à grande distance tels que les appareils « Long Range ».
Il ne nous semble pas inutile de faire le point sur le matériel disponible sur le marché et sur ses réelles capacités ...souvent bien éloignées des fantasmes et des arguments publicitaires...
Nous proposons donc de classer les différents matériels selon leur usage principal : cela va (déjà) déranger, mais nous sommes plus que jamais convaincus qu'il n'existe toujours pas de matériel de recherche « universel » (capable à la fois de détecter des métaux à grande profondeur avec discrimination, et de visualiser des cavités, ...)
...le meilleur appareil reste très vraisemblablement aujourd'hui : le détecteur de métaux !
On nous demande régulièrement des appareils capables de détecter des « pièces de monnaie à 5 mètres de profondeur ». Alors, autant commencer par là : il n'existe aujourd'hui AUCUN appareil capable de détecter des pièces de monnaies isolées à une telle profondeur et encore moins avec discrimination et indication du métal, puisque nos clients ne veulent faire des trous à cette profondeur que pour sortir des pièces d'or, ...évidemment !...
Petit rappel technique, il existe 2 types de détecteurs de métaux :
le détecteur appelé VLF qui envoie en permanence un très faible signal dans le sol et dont les performances en profondeur sont donc fortement limitées, mais dont les performances en discrimination sont (relativement) acceptables.
(La discrimination est le rejet des métaux indésirables, comme le fer par exemple).
Voir notre livret « Technologie des Détecteurs de Métaux » pour des informations plus détaillées sur les techniques et principes physiques mis en oeuvre.
Dans tous les cas toutefois, VLF ou PI, la profondeur de détection va dépendre, outre de la puissance mise en oeuvre (PI) et de la sensibilité du détecteur :
Pour chiffrer notre propos...
Détecteurs VLF grande profondeur : les principes de physique et d'électronique utilisés pour la réalisation des détecteurs de métaux VLF ou PI sont connus depuis des dizaines d'années (!!) et tous les brevets majeurs datent de cette époque. Les fabricants ne désirant pas (ou n'ayant pas les moyens financiers et humains de) travailler à la recherche fondamentale (càd à trouver de nouveaux concepts et partant, de nouvelles techniques), on assiste donc à un nivellement global des performances, tous les constructeurs utilisant les mêmes brevets, le même type de composants et de microprocesseurs, quand ils ne se copient pas les uns les autres, simplement (avec un succès variable, d'ailleurs)...
C'est dans cette situation de marasme qu'est apparue la firme anglaise Nexus dont l'ingénieur responsable de la conception a particulièrement travaillé la tête de détection jusqu'à atteindre un niveau de performances exceptionnel en profondeur, en discrimination et en sélectivité. Au sommet de la gamme, l'Ultima est garanti par le constructeur, capable de détecter une pièce de 3cm de diamètre à 65cm dans le sol compact, soit 2 fois les performances du meilleur détecteur de métaux VLF sur le marché. Nexus affirme ne prendre aucun risque, puisque cet appareil est capable de détecter un denier à 80cm de profondeur (!!!). Le même niveau de performances est également atteint sur de gros objets, jusqu'à 2 mètres et plus sur un pot de monnaies, le tout avec discrimination et sélectivité !
Atteindre une telle qualité de réalisation a toutefois un coût, chaque tête de détection devant être réalisée et mise au point de manière artisanale ce qui prend de plusieurs heures à plusieurs dizaines d'heures, selon le modèle. ...Ce que aucune firme à structure industrielle et à forte production ne pourra jamais se permettre !...
Détecteurs à Induction Pulsée (PI) : comme déjà indiqué, les détecteurs de type PI fonctionnent sur d'autres principes que les détecteurs de type VLF. Alors que la bobine d'émission des appareils VLF est parcourue en permanence par un très faible courant, limitant ainsi de fait la puissance d'un tel détecteur à quelques centaines de milliwatt (millième de Watt), le détecteur à Induction Pulsée émet des impulsions brèves mais de très forte puissance : quelques dizaines voire même plusieurs centaines de Watt, soit quand même ...1.000 à 10.000 fois plus que le détecteur VLF ! On entre donc, du moins pour les détecteurs à grande profondeur, dans un autre monde : on n'alimente pas un tel détecteur avec quatre piles AA (LR6) mais avec une batterie au plomb, la tête de détection doit pouvoir supporter de tels courants, etc. Ces détecteurs sont donc plus lourds, plus encombrants. Les plus connus et les plus réputés sont les Pulse Star II de TB Electronic et le Deepmax X3 de Lorenz.
Atteindre les profondeurs annoncées par ces fabricants (respectivement 5 et 12 mètres !!) suppose l'emploi de têtes de grandes dimensions (cadres de 1, 2 voire 3 mètres de côté) et donc oblige de fait à détecter à plusieurs sur le terrain. Toutefois, la simple canne de détection, accompagnée d'un disque de 35 à 45cm de diamètre permet déjà des détections à plusieurs mètres de profondeur pour un opérateur seul et en autorisant le passage sur tous les terrains (accidentés, forêts, ...), ce qui peut être difficile, sinon impossible, avec un cadre.
La discrimination est particulièrement ...inefficace (!!) sur le Pulse Star II mais une analyse des métaux très correcte étonne sur le Deepmax. Moderne et professionnel, le Deepmax peut être connecté vers un PC pour mémorisation et visualisation des données collectées sur le terrain en 2D et (fausse) 3D. Cela se pratique via un boîtier optionnel proposé, actuellement par 2 sources : Lorenz avec son DataLogger oblige à pratiquer la détection en lignes de mesures successives et uniquement avec un cadre, tandis qu'une autre marque, qui conçoit des appareils destinés aux professionnels, propose la plus totale liberté aux opérateurs : liberté de la tête utilisée, liberté de déplacement sur le terrain et gestion simultanée de plus de 10 opérateurs, tous les déplacements des opérateurs et les résultats étant enregistrés et visibles en temps réel sur un logiciel de cartographie sur PC. En associant les technologies actuelles, il serait ainsi possible, par exemple, de tracter un (voire plusieurs) cadre derrière un véhicule tous-terrains pour une analyse rapide et systématique de terrains de grandes surfaces avant retour précis et localisé vers les cibles les plus intéressantes (avec une précision de l'ordre du centimètre si nécessaire ...et selon le budget), dans l'ordre voulu de traitement et au moment le plus stratégique... Le Deepmax de Lorenz, par ses performances et par ses possibilités d'extension est ainsi au coeur d'un véritable système professionnel et ouvert. Nous reviendrons sur ces appareils lors de l'analyse des dispositifs existants de visualisation « graphiques » du contenu du sol.
(à suivre...)
Bonnes détections.